Jeux, rituels, magie et langage

Comment le langage est-il venu aux hommes ? S’agit-il d’une sorte de « big bang » cognitif : Homo sapiens serait arrivé sur terre pourvu de tous les attributs de l’homme moderne, notamment le langage ? Ou s’agit-il plutôt d’une série de développements, à la fois cognitifs, techniques et sociaux, qui seraient apparus de façon progressive, au cours des millénaires ? Certains spécialistes, notamment des linguistes, penchent plutôt pour la première réponse. D’autres, notamment des anthropologues, préfèrent la seconde solution.

La position des linguistes est difficile à réfuter dans la mesure où nous ne disposons d’aucune preuve tangible d’un hypothétique développement progressif. Cependant, les anthropologues, mais aussi de plus en plus de sociologues et de paléontologues, ont réuni un ensemble d’éléments qui, sans être des preuves formelles, laissent penser qu’en effet, le langage se serait développé progressivement chez les hominidés, puis chez Homo sapiens, en passant par des étapes identifiables. Lesquelles ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

L’origine du langage humain : gestes ou musique ?

Les archéologues du paléolithique ou les neurophysiologues qui travaillent sur l’émergence du langage chez Homo sapiens en passant par une série d’hominidés, comme la célèbre Australopithèque, Lucy, hésitent entre deux sources possibles du protolangage émergeant, le geste ou la musique.

À partir des modèles d’observation de l’action basés sur les neurones miroirs, certains, comme Michael Arbib[1] penchent vers une origine gestuelle du langage. Les neurones miroirs sont des neurones qui sont activés quand un individu observe une action chez une autre personne, ce qui explique par exemple le bâillement contagieux.

Arbib et ses collègues pensent que l’évolution du cerveau qui a été un préalable nécessaire à l’émergence du langage est parti de l’observation réciproque d’actions de plus en plus complexes, comme la fabrication d’outils, accompagnés de gestes signifiants, qui ont évolué vers une sorte de protolangage des signes et éventuellement vers le langage parlé.

Ils citent, entre autres faits pouvant étayer cette hypothèse, l’imagerie cérébrale fonctionnelle qui montre une activation dans certaines régions du cortex cérébral autour de l’aire de Broca, une région associée à la production du langage, quand un individu produit une action ou observe un autre individu exécuter une action similaire.

On cite aussi la relative facilité avec laquelle des grands singes apprennent des gestes du langage des signes[2] mais n’arrivent pas à apprendre la parole et aussi la façon dont les humains accompagnent systématiquement leur parole de gestes complémentaires. Pour ces chercheurs, la dimension gestuelle de la communication serait à la base du protolangage qui a théoriquement précédé le langage moderne.

D’autres théoriciens pensent que la musique, au sens large du terme, serait un candidat plus plausible pour être le précurseur du langage. Cette idée est très ancienne et remonterait en fait aux philosophes grecs. Condillac et Rousseau pensaient que la musique et le langage avaient tous les deux leurs racines dans l’expression vocale de l’émotion. Certains, comme Darwin, affirmaient que le chant était le précurseur du langage. Le linguiste danois Otto Jespersen a écrit que “humans sang out their feelings long before they were able to speak their thoughts”[3], mais il faut préciser que le “chant” pour Jespersen avait un sens très large, comprenant, entre autres, le chant des oiseaux, les vocalisations des grands mammifères et les cris des enfants.

Pour Steven Brown[4], il n’est pas nécessaire d’opposer geste et musique comme origines possibles du langage. Il pense plutôt que ces deux modes d’expression sont et ont toujours été complémentaires. Le gestuel permet mieux de représenter les propriétés spatiales des objets alors que le système vocal est plus adapté à exprimer les émotions et donc, indirectement, les conséquences éventuelles d’une action. Il considère même que les gestes qu’utilisent les hommes modernes pour accompagner leurs paroles sont des « fossiles » d’un système d’expression très ancien.

Or, les activités humaines les plus anciennes qui associent gestes et musique, ce sont les divers rituels – d’initiation, de chasse, de funérailles. Pour Brown, mais aussi pour un nombre croissant de chercheurs[5], ce sont ces rituels qui ont servi de vecteurs pour le passage des cris des grands singes aux premiers signes symboliques des humains archaïques, puis au langage moderne. Pour tenter de comprendre comment cela a pu se passer, nous commencerons par regarder deux exemples de rituels présents aujourd’hui, une comptine d’enfant et une danse rituelle.


Comptines d’enfant

Quand un groupe d’enfants français chantent « Am, stram, gram » ensemble, pour savoir lequel d’entre eux sera le « loup », ils ne savent surement pas qu’ils sont en train de reproduire une très vieille incantation chamanique d’origine nordique, chantée dans les veillées funèbres chez les Francs, pour permettre à l’esprit du chaman d’être possédé par le loup.

Voici en parallèle le chant nordique et la comptine française :

Emstrang Gram Bigà bigà ic calle Gram Bure bure ic raede tan Emstrang GramAm, stram, gram, Pic et pic et colégram, Bour et bour et ratatam, Am, stram, gram.

On voit bien que la seconde est la copie presque identique du premier. Selon J.-P. Joly[6], les origines de la comptine, c’est-à-dire de l’incantation, remontent à bien avant le IXème siècle car on sait[7] que l’archevêque de Reims, Hincmar, a interdit son emploi en 852, à l’époque où l’Église catholique faisait la guerre aux pratiques chamaniques en France.

Ce qui est étonnant, c’est que, plus de mille ans plus tard, les enfants continuent de l’utiliser dans leurs jeux. Selon David Rubin[8], chercheur américain et spécialiste de la mémoire, cette étonnante longévité s’explique, comme pour d’autres formes littéraires de la tradition orale – sagas, poèmes épiques, contes merveilleux, etc. – d’une part par sa valeur sociale pour le groupe, mais aussi et surtout par ses propriétés rythmiques : allitération, répétition et rythme simple, qui sont de formidables aides à la mémoire.

Danses rituelles

Changeons maintenant d’époque, de lieu et de culture. Partons aux iles Andaman et Nicobar dans l’océan indienne pour écouter une danse chantée qui s’appelle le Kirtàn.

Ce que vous voyez dans cette vidéo, c’est une séance de musique, de danse et de chant rituels qu’on appelle en Bengali kīrtan. Ces séances, accompagnées par un tambour (ḍaṅkā) et un gong métallique (kāś), ont lieu régulièrement dans la communauté de la diaspora Bengalie et font partie du mouvement religieux Matua. Le but de la cérémonie est double : sur le plan religieux, elle vise à atteindre un état d’éveil mental et physique, manifesté par des transes, des pleurs et d’autres signes d’émotion forte. Sur le plan social, elle crée un sentiment d’appartenance à un foyer matriciel (homeland) entre les danseurs. Le fait que cette communauté est composée en grande partie de Davits, c’est-à-dire d’intouchables, explique l’importance de contacts physiques (se toucher, s’embrasser, etc.) pendant la cérémonie. Au sens Austinien du terme[9], le kirtan est un acte performatif : en dansant et en chantant ensemble, on crée le foyer (homeland) et on abolie les barrières sociales de caste et de sexe.[10]

En quoi consistent les rituels ?

Ces deux exemples de rituels, pourtant si différents en apparence, permettent de dégager quelques propriétés essentielles à notre démonstration.

Les enfants qui chantent Am, stram, gram, lancent, de façon rituelle, un jeu de poursuite, symboliquement une forme de chasse à mort. Ils prononcent des paroles apparemment sans signification, de façon rythmée et répétitive, ce qui leur confère une dimension « magique », pour choisir « le loup », c’est-à-dire celui qui va poursuivre et « dévorer » les autres. Répétition rythmée de paroles magiques, transformation d’un humain en animal, poursuite et mort symbolique : nous avons ici tous les ingrédients des rituels anciens d’initiation. Sans en être conscients, les enfants participent ainsi à une cérémonie aussi ancienne que l’humanité.

Même si on met de côté la dimension symbolique de leur geste, dont ils ne sont absolument pas conscients, et ne considère que le geste lui-même, on constate que pour « jouer », il faut d’abord une cérémonie. Un rituel spécifique et immuable est nécessaire pour suspendre la réalité quotidienne et entrer dans le jeu, qui est un espace à la fois libre du regard des parents et des contraintes de la vie ordinaire, et néanmoins régis par ses propres règles. 

En ce qui concerne les Bengalis d’Andaman, il s’agit de toute autre chose. Comme on a vu plus haut, le but est double : atteindre une forme de transe religieuse et recréer par l’esprit le foyer perdu. Le rythme du ḍaṅkā et du kāś et la répétition du mantra hindou hariba, leur permettent de réguler et de synchroniser leur respiration, ce qui produit les mêmes effets que la respiration yogique prānāyāmā. En pleurant et s’embrassant, ils abolissent les barrières de caste et de sexe et atteignent une fusion existentielle. A nouveau, nous sommes devant une forme de pensée magique : le rythme du tambour, le chant et le danse transposent les participants du monde ordinaire, réel, à un monde imaginaire, où toutes les barrières sont abolies et le foyer d’origine est rétabli.

Que ce soit pour entrer dans un jeu d’enfants ou pour unifier une communauté, le rituel est nécessaire pour traverser les épreuves, pour franchir les étapes difficiles, pour régler les conflits quotidiens. De la poignée de main rituelle lors d’une présentation, à la mise à mort symbolique d’un jeune garçon ou fille lors d’un rite d’initiation, tous les rituels sont également régis par une codification stricte des paroles, par la répétition des gestes et sons spécifiques.

Le rituel comme vecteur du langage : le passage de l’index au symbole

Il nous reste encore à expliquer comment s’est effectué le passage, apparemment insurmontable, des cris de singes au langage évolué des humains. De plus en plus de chercheurs, comme Steven Brown, Robert Bellah[11] ou Chris Knight[12], pensent que c’est le rituel qui a servi de vecteur pour ce passage. Évidemment tout est spéculatif ici, mais voici comment ils imaginent que la transition se serait effectuée.

La communication indexée

Quand un chimpanzé ou un babouin pousse un cri d’avertissement, par exemple pour alerter ces congénères de la présence d’un serpent, il réagit instinctivement à un événement concret, présent dans la situation immédiate. Il lui serait impossible en revanche d’exprimer l’idée qu’il faudra bientôt faire attention car il pourrait y avoir des serpents dans l’espace où ils se trouvent. Son cri est indexé sur la situation immédiate, c’est-à-dire qu’il y a une relation physique entre les deux. Toute abstraction lui est impossible.

Inversement, le langage humain est essentiellement symbolique[13]}, c’est-à-dire qu’il est constitué de signes, les mots, qui ne sont pas indexés sur un objet ou une action présente, mais qui renvoient à des concepts abstraits. Le « big bang » humain a été justement le passage du premier type de communication, que partagent la plupart des animaux, au second, qui est propre à l’homme. Certains linguistes, comme Noam Chomsky, pensent que ce passage s’est fait d’un seul coup, c’est-à-dire qu’Homo sapiens a émergé à un moment donné pourvu de la faculté du langage, au sens moderne du terme. D’autres, de plus en plus nombreux[14], pensent que le langage est venu progressivement à l’homme, en passant, comme le pense Steven Brown, par une combinaison du gestuel et du musical.

Le passage à la communication symbolique

Comme point de départ, les éthologues ont noté que les femelles des grands singes, quand un mâle se montre trop agressif, se mettent à pousser des cris répétitifs, d’abord une femelle, puis plusieurs, puis toutes. Ceci a pour effet de réduire l’agressivité du mâle et de ramener les relations dans le groupe à un niveau acceptable. Cette solidarité féminine se serait naturellement prolongée chez les femelles des hominidés, mais aurait progressivement pris, selon ces chercheurs, une dimension « symbolique », centrée sur la sexualité des femmes, le sang, la lune et la chasse.

Selon Chris Knight, vers la fin de l’ère glaciale, on trouve des traces archéologiques de sites d’habitation pourvus de lieux spécialisés pour la cuisson et le stockage de la viande et d’une logistique plus sophistiquée de la chasse. Cela suggère une réorganisation des structures sociales, avec une division des tâches entre les mâles, censés partir chasser et ramener de la viande, et les femelles, qui restent au camp s’occuper des enfants qui ne pouvaient plus, contrairement aux petits singes, s’agripper aux poils de leur mère pour voyager avec elle.

Dans le règne animal, une femelle qui est fertile signale son état aux mâles susceptibles de l’imprégner. Chez les humains, les femmes, qui sont fertiles tous les mois, auraient, selon Knight, collaboré pour créer par le rituel un imaginaire collectif pour assurer que les mâles rapportent de la nourriture (sexe contre nourriture) et ne les agressent pas sexuellement quand elles ne le voulaient pas. Cette stratégie, selon Knight, aurait été basée sur des rituels mettant en scène le cycle lunaire, le sang et une identité animale imaginaire des femmes. Tout ceci pour signifier symboliquement : « je ne suis pas une femme, je ne suis pas fertile ».

Selon Knight, la transition du réel immédiat à l’imaginaire était le préalable essentiel pour passer de la communication indexée à la communication symbolique. Évidemment, nous n’avons aucune trace des rituels des hommes qui vivaient il y a 50 000 d’années, mais il se trouve que le type de rituel dont il parle existe encore chez les Khoisan, qu’on appelait autrefois Bushmen, en Afrique du Sud et se retrouve sur des peintures rupestres très anciennes.

Le peuple Khoisan et la danse du taureau Éland

Le peuple Khoisan habite la région désertique du Botswana depuis au moins 20.000 ans. Ils sont parmi les derniers chasseurs-cueilleurs en Afrique. La langue à clics, qu’ils partagent avec d’autres peuples du même groupe ethnique, est considérée comme l’une des plus anciennes sur terre. Certains anthropologues pensent même que l’homme moderne descend d’un ancêtre commun appartenant au peuple Khoisan.

Chez les Khoisans, quand une jeune fille a ses premières règles, elle est mise à l’écart dans une hutte. Les anciens lui apportent de la nourriture mais personne ne doit la voir, ni la toucher, car on considère que le sang des menstrues est puissant et pourrait porter malheur à qui le toucherait. On pense qu’il possède une énergie magique et il est associé au pouvoir de la pluie. Pendant ce temps-là, la tribu effectue une danse dite « du taureau Éland ». Les hommes imitent le taureau et portent des cornes sur la tête et les femmes chantent et imitent le couplement des Élands.

Dans la figure ci-dessous,[15] une peinture pariétale découverte dans les montagnes Drakensberg[16], on voit la fille couchée sous un manteau dans la hutte au centre de l’image. Les hommes armés dansent autour de la hutte. Les femmes courbées imitent les vaches Élands. Un homme à gauche vers le milieu de la figure a le pénis barré, symbolisant l’interdiction de relations sexuelles avec la fille. Selon Power & Watts, l’abstinence sexuelle imposée aux hommes est la condition d’une bonne chasse.

La danse représente plusieurs choses interdépendantes et contradictoires : une sexualité animale imaginaire, celle des Élands, représentés par les hommes avec les cornes et les femmes qui s’accroupissent ; l’abstinence sexuelle des hommes comme condition d’une chasse réussie ; la puissance de la jeune fille qui symbolise à la fois la pluie, la bonne chasse et la graisse de l’Éland. Au centre à droite, le chaman assis, le doigt pointé vers la fille cachée dans la hutte, confirme cette puissance. Par sa puissance, la fille devient chasseur ; elle est donc mâle et femelle en même temps. Elle est aussi assimilée à l’Éland par le fait que les deux sont gras ; elle est donc humaine et animale. Elle est chasseur et proie, femme et homme, humain et animal à la fois.

Rituels, symbolisme et langage

Si on accepte l’hypothèse que les peintures rupestres des Khoisans sont des traces graphiques de rituels remontant à l’âge de pierre, on peut alors imaginer que les cris répétitifs et stéréotypés des grands singes femelles en cas de comportement agressif des mâles, ont progressivement évolué vers un proto-rituel destiné à contrôler le comportement des mâles sans la présence immédiate d’agressivité. C’est-à-dire, le passage d’une communication indexée sur la situation immédiate à une communication symbolique visant un comportement futur.

Pour Knight, le développement de cette structure imaginaire créée par le rituel est le préalable nécessaire à l’apparition du langage. C’est justement la coopération des femmes dans une « grève du sexe » qui aurait été le moteur de ce développement. L’illusion collective de transition de genre et d’espèce, créée par le rituel, aurait permis, voire nécessite, la création de signes symboliques – gestes ou mots ? – pour former le protolangage des hommes archaïques.


[1] Michael A. Arbib. 2012. How the brain got language: The mirror system hypothesis. Oxford University Press

[2] Voir mon article précédent : « Est-ce que les grands singes possèdent le langage ? »

[3] “Les humains exprimaient leurs sentiments par la chanson bien avant qu’ils aient pu les exprimer par la parole » ; Jespersen, O. (1922). Language: Its Nature, Development and Origin. New York, NY: Norton, p. 436.

[4} Brown, S. (2017)“A Joint Prosodic Origin of Language and Music”, Frontiers of Psychology, 8:1994.

[5] Voir par exemple, l’article de Chris Knight, « Ritual and the origins of language”, 1994, disponible sur le site Research Gate, et la liste des chercheurs dans sa bibliographie.

[6] Jean-Pierre Joly « ‘Am stram gram…’, La chevauchée des chamans », Histoire, no 305, janvier 2006, p. 60-63, cité par Karolina Resztak dans « Am stram gram » ou à la recherche des origines de la poésie », Continents manuscrits, 2015, https://doi.org/10.4000/coma.589.

[7] Voir l’article de Karolina Resztak pour plus de détails.

[8] Rubin, D. 1995, Memory in oral traditions: the cognitive psychology or epic, ballads and counting-out rhymes, Oxford University Press.

[9] John Austin, philosophe anglais, auteur d’études sur le langage et concepteur de la théorie des « actes de langage ».

[10] Voir « An Untouchable Kīrtan: Sonic Liberation on the Andaman Islands”, de Carola Erika Lorea, 2023, (https://fr.search.yahoo.com/yhs/search?hspart=trp&hsimp=yhs-008&type=Y241_F163_226003_092523&p=an+untouchable+kirtan+a+sonic+liberation ) et “Bengali settlers in the Andaman Islands: the performance of homeland” de la même auteure, The Newsletter 77 Summer 2017, https://www.iias.asia/the-newsletter/article/bengali-settlers-andaman-islands-performance-homeland.

[11] Bellah, R. « The Ritual roots of society and culture”, in Handbook of the Sociology of Religion, M. Dillon (ed.), Cambridge University Press, 2003, p. 31-44.

[12] Voir la note 6 pour la référence. Voir aussi mon article précédent « L’émergence du langage », notamment les travaux de Dan Dediu et Stephen Levinson, « On the antiquity of language: the reinterpretation of Neandertal linguistic capacities and its consequences », Frontiers in Psychology, 2013, vol. 4.

[13] Il y a des exemples dans le langage humain d’expressions indexés – les pronoms personnelles des deux premières personnes par exemple – ou iconiques – les onomatopées -, mais leur nombre est très limité. Voir les travaux du philosophe américain Charles Sanders Peirce pour la différence entre symboles, icones et indexes.

[14] Voir, pour les grandes lignes du débat chez les linguites : Jackendoff, R. (1990b). « What would a theory of language evolution have to look like?” Behavioral and Brain Sciences, 13, 737–738. Pinker, S. (1994). The language instinct. New York: Morrow. Chomsky, N. (2000). On nature and language. New York: Cambridge University Press. Fitch, W. T., Hauser, M. D., Chomsky, N. “The evolution of the language faculty: clarifications and implications”. Cognition, Hauser, M. D., Chomsky, N., & Fitch, W. T. (2002). « The faculty of language: What is it, who has it, and how does it evolve? » Science, 298, 1569–1579. R. Jackendoff, S. Pinker “The nature of the language faculty and its implications for evolution of language (Reply to Fitch, Hauser, and Chomsky)”, Cognition 97 (2005) 211–225.

[15] L’image et la description de la danse sont tirées de « The Woman with the Zebra’s penis: gender, mutability and performance”, Camilla Power, Ian Watts, The Journal of the Royal Anthropological Institute, Vol. 3, No. 3, 1997, pp. 537-560.

[16] Le Drakensberg est une chaîne de montagnes en Afrique australe, situé dans l’Est de l’Afrique du Sud, au Lesotho et en Eswatini.


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